On se réveille vers 6h30, on prend le temps déjeûner et de jaser avec Élise. On part vers 7h30-8h, et on est à la bretelle d'autoroute vers Nîmes à 8h30.
On attend même pas 5 minutes, et quelqu'un nous propose de nous emmener au péage de Lançon, s'excusant comme d'habitude de ne point nous emmener plus loin, et nous, expliquant comme d'habitude, que sortir d'une ville est très chiant et faire du stop au péage, très confortable.
Au péage, il y a surtout les camions qui passent près de nous. Après 20 minutes, l'un s'arrête, il va à Barcelone (cette autoroute est l'autoroute qui va vers Barcelone, donc ça va). On pensait arrêter à Nîmes, puis emprunter les petites routes pour se frayer un chemin vers Laguiole, mais il nous convainc d'aller plutôt au péage de Montpellier, ce qu'on accepte finalement. Il est vraiment sympathique, il nous donne des cannes de thon et de paris paté, ce qu'on trouve peu utile sur le coup, mais qui s'avéra plus tard tout le contraire.
De là on indique St-Étienne, pour remonter sur l'autoroute vers Rodez, Roquefort, Laguiole, etc. Un vieux français nous embarque, il est vraiment sympathique, un peu du genre militant contre les OGM et contre Sarkosy (il y a peut-être une faute mais peu importe). Il nous laisse à un péage passé Bézier (plus loin que Montpellier), où on glande 1h environ, avant qu'un gars nous embarque, débarquant là un autre autostoppeur.
Ce gars est bien cool, étudiant en technique policière (l'équivalent français, disons). Il me dit qu'il peut avoir mon Laguiole pour 5 à 20 euros, mais je doute fort qu'il soit de la même provenance. Il nous laisse à Millau, ce qui nous fait faire un bon bout. De là une dame nous emmène au rond-point à la sortie de la ville. Elle nous donne une carte de la région (on n'a qu'une putain de carte générale d'Europe pour se repérer, c'est pas le top). De là, un autre type nous emmène à un autre rond-point plus loin.
Puis là-bas, il est presque 15h. On pense que la coutellerie ferme à 17h30, et on est encore à 150km environ. Un espèce de fucké en mini-van tourne en rond dans le rond-point en nous klaxonnant (putain comment ça s'écrit ?), mais au même moment, 2 jeunes arrêtent pour nous.
Les 2 gars sont hyper pressés, je ne sais plus pourquoi, genre aller reporter des clés à un hotel à Rodez. Ils font du 150km/h dans les zones de 50/90, du 100 dans les zones de 30. Ça fait notre affaire car on est aussi pressés, mais on a quelques fois un peu peur. Arrivés à Rodez vers 16h, un peu impatients devant une file de voitures, ils empruntent le gazon pour les dépasser, puis on se fait chopper directement par la police.
On perd 15min avec la police, qui ne leur donnent finalement qu'un avertissement. On a manqué le bus de 16h vers Laguiole, qui était une possibilité pour arriver à bon port plus sûrement. Il y a encore 60km jusqu'à Laguiole. On finit par prendre le bus de 16h30, on n'a pas le choix ce coup-là, il s'est mis à pleuvoir en malade mental, et on n'a pas de parapluie.
Vers 18h30 (eh oui, ce fut long en criss), on arrive à Laguiole. Ce devait être depuis Aix environ 330km mais ce fut finalement au-dessus de 400. Il pleut toujours autant. On débarque et on court dans un magasin près de l'arrêt, qui semble être la coutellerie. C'est en fait une succursale au "centre-ville" de Laguiole. C'est encore ouvert, je réclame mon couteau, et quelqu'un de l'atelier vient le porter. Il est parfait, exactement comme je le voulais (un sacré cadeau de fête, n'est-ce pas?). Manche en pointe de corne noire, mitres en inox mat, lame de 12cm en acier suédois Sandvic avec gravure, ainsi qu'un poinçon comme 2e pièce. Ajoutez à cela l'abeille forgée massive avec le ressort.
On s'informe si on peut camper quelque part... il y a un camping à 1km, près de l'Atelier, qui doit être ouvert depuis hier. On s'y rend sous la pluie, se permettant même de se tromper de chemin question d'être mouillés encore plus. On se rend compte que le camping est semi-ombragé, on désespère un peu, puis une voiture arrive en trombe.
C'est le propriétaire de la coutellerie, qui nous embarque et, après avoir téléphoné les auberges/hotels les moins chers, nous emmène à notre auberge où on n'aura pas trop le choix de dormir.
Le gîte est vraiment cool, belle salle de séjour avec un foyer, belle cour (mais il pleut), belle cuisine, tout est neuf depuis 1 mois et ça coûte seulement 18 euros. On ressort aller acheter des pâtes et de la soupe dans une mini-épicerie bio qui coûte un bras, on revient se faire ça avec du thon et du fromage, ce qui nous suffira pour ce soir. On s'endort, plutôt épuisés de la journée. Demain, il doit faire le même temps... toute la fin de semaine, en fait.